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CAHIER DES CHARGES DE
LA FORMATION DES MAÎTRES EN INSTITUT UNIVERSITAIRE DE FORMATION DES
MAÎTRES
A. du 19-12-2006 JO du
28-12-2006 NOR : MENS0603181A RLR : 438-5 MEN - DGES
C2-4
Vu code de l’éducation, not. articles L. 625-1 et
L. 721-1 ; D. n° 50-583 du 25-5-1950 mod. ; D. n° 70-738 du 12-8-1970 mod.
; D. n° 72-580 du 4-7-1972 mod. ; D. n° 72-581 du 4-7-1972 mod. ; D. n°
80-627 du 4-8-1980 mod. ; D. n° 90-680 du 1-4-8-1990 mod. ; D. n° 92-1189
du 6-11-1992 mod. ; D. n° 94-874 du 7-10-1994 mod. ; A. du 2-7-1991 ; A.
du 22-8-2005 ; avis du Haut Conseil de l’éducation du 4-12-2006 ; avis du
CSE du 14-12-2006 ; avis du CNESER du 19-12-2006
Article 1 - Les instituts universitaires de formation des maîtres
accueillent des étudiants préparant les concours de recrutement des
personnels enseignants des premier et second degrés et des personnels
d’éducation ainsi que les étudiants et les élèves professeurs des cycles
préparatoires à ces concours. Conformément à l’article L. 625-1 du code de
l’éducation, ils participent à la préparation à ces concours sous la
responsabilité des universités qui les ont intégrés. Ils assurent
également la formation professionnelle initiale : 1) Des professeurs
des écoles prévue à l’article 10 du décret n° 90-680 du 1er août 1990
susvisé ; 2) Des professeurs agrégés, des professeurs certifiés, des
professeurs d’éducation physique et sportive et des professeurs de lycée
professionnel qui ne justifient pas, lors de leur recrutement, de
l’expérience professionnelle d’enseignement déterminée, selon le cas, au
troisième alinéa du I de l’article 6 du décret n° 72-580 du 4 juillet 1972
susvisé, au deuxième alinéa de l’article 24 du décret n° 72-581 du 4
juillet 1972 susvisé, au deuxième alinéa de l’article 5-7 du décret du 4
août 1980 susvisé et au troisième alinéa de l’article 10 du décret du 6
novembre 1992 susvisé ; 3) Des conseillers principaux d’éducation qui
ne justifient pas, lors de leur recrutement, de l’expérience
professionnelle d’éducation déterminée au deuxième alinéa de l’article 8
du décret du 12 août 1970 susvisé. Les instituts universitaires de
formation des maîtres interviennent également dans la formation de ces
personnels au cours des deux années scolaires qui suivent leur
titularisation. En ce qui concerne les personnels mentionnés au 2),
les dispositions ci-après ne s’appliquent qu’aux professeurs des
disciplines d’enseignement général, technologique, professionnel et
d’éducation physique et sportive. Article 2 - La
formation professionnelle initiale des personnels visés au 1) de l’article
1er comporte : - des activités de formation et d’enseignement en
institut universitaire de formation des maîtres ; - un stage en
responsabilité dans un des cycles de l’école primaire d’une durée de
trente jours, à raison d’un jour par semaine et deux stages en
responsabilité de trois semaines chacun dans les autres cycles de l’école
primaire. Elle peut également comporter d’autres stages, notamment un
stage de pratique accompagnée. La formation de ces personnels au cours
des deux années scolaires qui suivent la titularisation comporte une
initiation à la prise en charge des élèves en situation de handicap.
Au cours de ces trois années, la formation peut comporter d’autres
stages, notamment en collège ou à l’étranger. La conduite de la relation
avec les parents d’élèves fait partie intégrante de cette formation.
Article 3 - La formation professionnelle initiale des personnels
visés au 2) de l’article 1er comporte : - des activités de formation
et d’enseignement en institut universitaire de formation des maîtres ;
- le stage en responsabilité mentionné à l’article 2 de l’arrêté du 22
août 2005 susvisé ; - un stage en entreprise pour les personnels
enseignants stagiaires des disciplines professionnelles et technologiques
du second degré qui n’auraient pas acquis une expérience professionnelle
significative en rapport avec le contenu des formations auxquelles ils
préparent leurs élèves ; - un stage en entreprise de trois semaines,
axé sur les relations entre l’école et l’entreprise, pour tous les
professeurs de lycée professionnel stagiaires ; - un stage de pratique
accompagnée dans une catégorie d’établissement public local d’enseignement
différente de celle du stage en responsabilité. La formation de ces
personnels au cours des deux années scolaires qui suivent la
titularisation comporte une initiation à la prise en charge des élèves en
situation de handicap. Au cours de ces trois années, pour tous ces
personnels, la formation peut comporter d’autres stages, notamment en
entreprise, en école ou à l’étranger. La conduite de la relation avec les
parents d’élèves fait partie intégrante de cette formation.
Article 4 - Le volume horaire maximum du stage en responsabilité
mentionné à l’article 3 est de : - 288 heures pour les personnels
enseignants stagiaires du second degré des disciplines d’enseignement
général, technologique et professionnel ; - 360 heures pour les
personnels enseignants stagiaires du second degré en éducation physique et
sportive incluant la participation à la formation, à l’entraînement et à
l’animation sportifs conformément à l’article 5 du décret n° 50-583 du 25
mai 1950 susvisé. Article 5 -
La formation professionnelle initiale, dispensée en
institut universitaire de formation des maîtres, doit permettre d’assurer
une maîtrise suffisante de chacune des dix compétences suivantes, dont le
contenu est précisé dans l’annexe du présent arrêté : - agir en
fonctionnaire de l’État et de façon éthique et responsable ; -
maîtriser la langue française pour enseigner et communiquer ; -
maîtriser les disciplines et avoir une bonne culture générale ; -
concevoir et mettre en oeuvre son enseignement ; - organiser le
travail de la classe ; - prendre en compte la diversité des élèves ;
- évaluer les élèves ; - maîtriser les technologies de
l’information et de la communication ; - travailler en équipe et
coopérer avec les parents et les partenaires de l’école ; - se former
et innover. Article 6 - Pour l’application des articles 2 et 3, l’université
ayant intégré un institut universitaire de formation des maîtres, ou
l’institut universitaire de formation des maîtres non encore intégré, est
chargé de veiller, en accord avec les recteurs d’académie, à la cohérence
des différentes périodes de formation. Article 7 - Les
personnels visés aux 1) et 2) de l’article 1er bénéficient d’un volume
total de quatre semaines de formation au cours de l’année scolaire qui
suit leur titularisation et d’un volume total de deux semaines au cours de
la deuxième année qui suit leur titularisation. Cette formation est prévue
dans le plan académique de formation et comprend des temps de formation en
institut universitaire de formation des maîtres organisés par convention
entre le recteur d’académie et l’université ayant intégré un institut
universitaire de formation des maîtres ou l’institut universitaire de
formation des maîtres non encore intégré. Cette formation s’imputant sur
le temps de service, les conditions d’une programmation des actions de
formation permettant d’assurer la continuité du service public
d’enseignement sont prévues. Article
8 - Les dispositions du présent arrêté
s’appliquent à compter de la rentrée scolaire de 2007 à la formation
initiale des professeurs des écoles et des professeurs du second degré
stagiaires, quelle que soit l’année au titre de laquelle ils ont passé le
concours. Article 9 - Le cahier des charges de la
formation des maîtres est précisé, pour les personnels mentionnés aux 1)
et 2) de l’article 1er, dans l’annexe du présent arrêté. Article 10 - Le
directeur général de l’enseignement supérieur, le directeur général des
ressources humaines et les recteurs d’académie sont chargés, chacun en ce
qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté, qui sera publié au
Journal officiel de la République française.
Fait à Paris, le 19
décembre 2006
Le ministre de
l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche
Gilles de ROBIEN Le ministre délégué à l’enseignement supérieur et
à la recherche François GOULARD
Annexe CAHIER DES CHARGES DE LA FORMATION DES
MAÎTRES
Tous les regards se tournent
aujourd’hui vers l’école tant le partage de la connaissance est essentiel
dans la construction d’une société fondée sur le principe de l’égalité
républicaine, notamment l’égalité des chances, sur la reconnaissance des
mérites individuels et sur la volonté de faire réussir tous les élèves.
L’école est aussi le lieu de la formation du citoyen où se construit une
culture commune pour vivre ensemble. Un enseignant doit bien maîtriser
des connaissances correspondant aux disciplines qu’il aura à enseigner.
Cela suppose une formation disciplinaire solide qu’il reçoit pour
l’essentiel à l’université. Il doit aussi se familiariser progressivement
avec la façon dont ces connaissances peuvent être transmises aux élèves
dans le cadre du socle commun de connaissances et de compétences et des
programmes d’enseignement : quels en sont les points essentiels ? Comment
les articuler entre eux ? Il doit s’initier à la pratique de son futur
métier : comment organiser sa classe ? Comment adapter sa pédagogie à la
diversité des élèves ? Comment évaluer le travail de chacun des élèves ?
Il doit découvrir le cadre de l’école ou de l’établissement : comment
travailler en équipe ? Comment inscrire son action dans un projet
collectif ? Il doit enfin connaître le monde qui l’entoure, le monde du
travail et la société : comment appréhender la diversité des contextes
sociaux et économiques et des réalités scolaires qui en découlent ?
Comment ouvrir son enseignement et son action pédagogique sur l’extérieur
? Comment répondre aux attentes des parents qui confient leurs enfants au
service public d’éducation nationale ? La France s’est engagée dans la
construction de l’espace européen de l’enseignement supérieur (1). La
formation des professeurs prend en compte cet objectif national en
dispensant les enseignements destinés à permettre la mobilité des
enseignants au sein de l’Europe. L’ensemble de ces nécessités ne peut
prendre corps que dans un système de formation des maîtres en alternance,
permettant une interaction entre approches théoriques et pratiques, qui
associe l’université, désormais chargée de la formation des maîtres, et
les établissements d’enseignement. C’est tout le sens de la loi
d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école du 23 avril 2005
qui intègre les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM)
dans les universités : le législateur a voulu que les compétences
professionnelles des professeurs se construisent dans la durée -de la
formation disciplinaire de base à l’adaptation au premier emploi- et que
la formation professionnelle soit conçue sur le principe de l’alternance.
(1) Dans le cadre de la “stratégie de
Lisbonne” et du “processus de Bologne”.
1 - FORMER DES MAÎTRES POUR LE
SERVICE PUBLIC D’ÉDUCATION NATIONALE
La formation des maîtres est une
éminente responsabilité que l’État républicain vient de confier aux
universités. Il lui appartient d’en garantir la qualité sur l’ensemble du
territoire national. Il revient à chaque université qui intègre un
institut universitaire de formation des maîtres comme école interne, en
partenariat éventuel avec les autres universités de l’académie, d’élaborer
un plan de formation en conformité avec les obligations fixées par le
cahier des charges, c’est-à-dire qui permette de construire les
compétences professionnelles exigées aujourd’hui de tout enseignant.
L’intégration des IUFM dans les universités permet, par conventions
entre universités partenaires, de mobiliser toutes les contributions
nécessaires pour mettre en oeuvre le plan de formation des maîtres : dans
le domaine des disciplines enseignées, mais aussi dans le domaine des
sciences cognitives ou encore du droit, etc. 1.1 Former à un métier : préparer à une mission
Enseigner est un métier qui
s’apprend. Faire cours et faire apprendre, conduire une classe et
individualiser son enseignement, exiger des efforts et donner confiance,
susciter l’intérêt, évaluer les aptitudes et percevoir les talents, aider
à l’orientation. Tout cela nécessite une formation initiale et continue
approfondie : rien ne doit être laissé aux aléas de la vocation
pédagogique ou du hasard professionnel. Tout dans le métier de
professeur, le savoir dispensé, la méthode choisie comme l’attention aux
élèves, résulte d’un apprentissage rigoureux et progressif. Quel que soit
son parcours antérieur, et quel que soit son lieu d’exercice, un
professeur doit avoir acquis la pleine conscience que ce sont les progrès
et les résultats des élèves qui donnent sens à son action et à sa
fonction. Enseigner dans le cadre du service public d’éducation
nationale est une mission : mission d’instruction des jeunes qui sont
confiés à l’école, ce qui implique une bonne maîtrise de toutes les
compétences nécessaires au niveau requis ; mission d’éducation selon les
valeurs républicaines, ce qui implique une connaissance précise des
principes, des lois qui les traduisent, mais aussi un comportement
exemplaire dans l’exercice des fonctions ; mission de contribuer à
l’insertion sociale et professionnelle des élèves, ce qui implique la
capacité à favoriser l’ouverture culturelle des élèves et une bonne
connaissance de l’environnement économique et social de l’école.
À l’issue de sa formation
professionnelle initiale, un professeur stagiaire doit comprendre que la
titularisation, expression de la confiance que l’institution scolaire
place en lui, constitue un engagement et une responsabilité qui donnent
sens à la liberté pédagogique que lui reconnaît la loi. 1.2 Un cadre commun national pour la formation des
maîtres
Des références claires pour
les étudiants et les partenaires de la formation des maîtres
Le cahier des charges de la formation
des maîtres définit le parcours de formation que devront suivre les
étudiants se destinant au métier de professeur. Il précise les
compétences à construire pour développer les savoirs nécessaires, les
mettre en oeuvre, développer sa force de conviction, porter sur les élèves
un regard positif, leur donner le désir d’apprendre et la possibilité
d’assimiler les valeurs communes. Il fixe des références à respecter
aux différents partenaires de la formation initiale : - les
universités ayant intégré un IUFM (ou les IUFM non encore intégrés) qui
devront établir les plans de formation initiale adaptés aux étudiants et
aux professeurs stagiaires dont ils auront la charge ; - les écoles,
les collèges et les lycées qui accueilleront des professeurs stagiaires ou
de nouveaux titulaires ; - les représentants de l’institution scolaire
qui certifieront l’acquisition des compétences indispensables ; - la
commission chargée par l’État de l’évaluation de la qualité des plans de
formation élaborés par les universités responsables de la formation des
maîtres ou par les IUFM non encore intégrés. Les plans de formation professionnelle des maîtres
répondent à des caractéristiques nationales Outre les éléments précisés aux articles 2, 3, 4, 5 et 7,
les plans de formation des maîtres répondent aux caractéristiques
suivantes : La formation commence à la date de la rentrée des
professeurs des écoles, des collèges et des lycées afin que les
professeurs stagiaires puissent participer aux activités de prérentrée
dans l’établissement où ils effectuent leur stage en responsabilité.
L’examen de qualification professionnelle se déroule à la fin de l’année
scolaire, après la sortie des élèves. La formation dans les IUFM des
professeurs des écoles stagiaires correspond à un volume horaire minimal
de 400 heures au cours de l’année de stage et de 50 heures au cours de la
première année d’exercice en tant que titulaire. Sur ce volume, les
compétences relatives à la maîtrise de la langue ne sauraient être
construites sur une durée inférieure à 120 heures (dont 50 heures pour les
premiers apprentissages de la lecture et de l’écriture). Adaptée au
profil personnel des professeurs des écoles stagiaires la formation
s’organise autour des stages en responsabilité : le stage annuel en
responsabilité à raison d’un jour par semaine dans la même classe et un
stage de trois semaines dans chacun des deux autres cycles de l’école
primaire. La formation à l’IUFM des professeurs des collèges et des
lycées stagiaires correspond à un volume horaire minimal de 220 heures au
cours de l’année de stage et de 50 heures au cours de la première année
d’exercice en tant que titulaire. La mise en oeuvre du cahier des
charges de la formation des maîtres s’appuie sur le décret du 11 juillet
2006 définissant le socle commun de connaissances et de compétences, les
arrêtés définissant les programmes d’enseignement ainsi que les
circulaires, les notes de service et les autres textes officiels précisant
les engagements éducatifs de l’institution scolaire, notamment l’éducation
à la santé et l’éducation à l’environnement pour un développement durable
avec les obligations résultant de la mise en œuvre de l’article 8 de la
Charte de l’environnement.
2 - LES PRINCIPES DE LA FORMATION
PROFESSIONNELLE DES MAÎTRES 2.1 Une
formation professionnelle en alternance
Le débat national sur l’avenir de
l’école mené à l’occasion de l’élaboration de la loi d’orientation et de
programmation pour l’avenir de l’école a fait émerger l’idée d’un
allongement de la période de formation professionnelle initiale ainsi que
l’idée d’une formation fondée sur une véritable alternance conçue dans
l’articulation entre la responsabilité du professeur en stage dans un
établissement et sa participation à des unités d’enseignement en IUFM. De
cette idée découle le principe d’une alternance appliquée aux formateurs,
les professeurs des écoles, des collèges et des lycées détachés en l’IUFM
devant conserver un lien étroit avec l’enseignement devant les élèves.
La formation professionnelle des
maîtres s’effectue en alternance, à l’université et dans les
établissements scolaires Des savoirs
théoriques déconnectés de la pratique sont inefficaces dans une formation
professionnelle et, symétriquement, les situations rencontrées sur le
terrain par les professeurs stagiaires ne sont pleinement formatrices que
si elles sont analysées à l’aide d’outils conceptuels et des apports de la
recherche universitaire. Les stages, notamment le stage en
responsabilité, se placent au coeur du dispositif de formation : ils
doivent être préparés, accompagnés, exploités par des formateurs exerçant
dans les écoles, les collèges ou les lycées associés à des formateurs de
l’IUFM et de l’université. La formation doit permettre par exemple aux
professeurs de se préparer à l’enseignement dont ils sont chargés :
comment construire une situation propice à l’apprentissage du langage dans
une classe d’enfants de trois ans ? Comment apprendre à lire à un élève de
cours préparatoire ? Comment enseigner les quatre opérations ? Comment
aborder telle ou telle notion en sciences expérimentales ? Comment prendre
en compte les questions de mémoire dans l’enseignement de l’histoire, etc.
? La formation en IUFM doit être en prise sur la réalité scolaire et
dispensée en fonction des situations professionnelles rencontrées par les
professeurs : la difficulté d’aborder telle ou telle notion, la personne
de l’élève, le groupe-classe, l’apprentissage (processus, motivation,
difficultés...), l’évaluation, la gestion des conflits, la lutte contre la
violence, les relations avec les parents, l’orientation et la diversité
des voies de formation offertes aux élèves, la diversité culturelle des
élèves et notre culture commune, etc. La formation en IUFM doit
permettre aux professeurs stagiaires de prendre conscience de la
spécificité des différents cycles, à l’école, au collège et au lycée.
Ainsi, par exemple, le développement du langage, au cycle des
apprentissages premiers, et l’apprentissage de la lecture, au cycle des
apprentissages fondamentaux, seront pris en compte par des unités
d’enseignement spécifiques. La formation professionnelle doit
permettre aux jeunes professeurs de comprendre la géographie de l’école,
de connaître ses territoires ainsi que les principes d’organisation de
l’éducation prioritaire. La
formation des maîtres est assurée par des formateurs en contact avec la
réalité de l’école, des collèges et des lycées Tous les formateurs, quel que soit leur statut,
enseignants-chercheurs ou enseignants des premier et second degrés,
doivent justifier d’une expérience directe ou d’une connaissance des
classes d’aujourd’hui. Ils doivent travailler ensemble. Les
professeurs des premier et second degrés enseignant en IUFM sont les
premiers concernés pour l’enseignement de la didactique des disciplines :
leur expérience des élèves, de la classe, de l’école ou de l’établissement
doit être solide et reconnue au sein de l’institution. Cela implique
plusieurs années de pratique en classe, mais aussi, les publics scolaires
évoluant très vite, une nécessaire proximité dans le temps de cette
expérience. Le principe du service en temps partagé, école ou
établissement d’une part, université d’autre part, doit progressivement
s’étendre : 70 % au moins des professeurs des premier et second degrés
enseignant en IUFM exerceront en temps partagé. Les formateurs qui
encadrent les stagiaires dans les écoles, les collèges et les lycées sont
des acteurs à part entière de la formation des maîtres et sont à ce titre
associés à la conception de la formation comme à l’évaluation des
stagiaires. Un formateur d’enseignants est un professeur qualifié pour
former des maîtres ou reconnu par les corps d’inspection. Il est également
nécessaire qu’il connaisse les bases de la formation d’adultes, qu’il soit
ouvert à des domaines disciplinaires et transversaux autres que la ou les
spécialités d’origine, qu’il sache conduire un groupe d’analyse de
situations et d’exercices professionnels ou accompagner un stagiaire...
L’université veillera à la qualité des formateurs : des enseignements
de master ou des séminaires “formation de formateurs” de même qu’une
formation par la recherche (doctorat) pourront y contribuer.
2.2 Un continuum de formation : licence,
concours, formation à l’exercice du métier
La préparation au métier de
professeur s’inscrit désormais dans un cursus universitaire : elle
commence dès le cursus licence qui intègre des éléments de
professionnalisation en accompagnement de la formation disciplinaire de
base ; elle se poursuit avec l’année de préparation aux concours puis avec
l’année de formation professionnelle. La formation des maîtres est
complétée au cours des deux premières années en pleine responsabilité.
Ainsi, la formation des maîtres, comme d’autres pays en ont fait le choix,
permet la délivrance de crédits-ECTS (2) et prend place dans le cursus
licence-master-doctorat.
(2)
European Credit Transfer System : système européen d’unités d’enseignement
capitalisables et transférables, dit “système européen de
crédits-ECTS”.
Des cursus
universitaires qui préparent au métier avant les concours de recrutement
Pendant sa formation en licence et
durant la préparation des concours, le futur professeur acquiert une
culture disciplinaire élargie.
Tous les professeurs doivent
connaître le socle commun des connaissances et des compétences. C’est donc
avant le concours de recrutement que les futurs professeurs des écoles
commencent à acquérir les savoirs nécessaires à la polyvalence. C’est
également avant le concours que les futurs professeurs du second degré
doivent être en mesure d’établir les liens de leurs disciplines avec les
disciplines connexes ; ils doivent par ailleurs être incités à s’engager
dans des parcours de formation universitaires ouvrant sur les mentions
complémentaires offertes dans certains concours de recrutement et
permettant la bivalence des professeurs au collège. Ils doivent également
pouvoir acquérir d’autres savoirs utiles pour enseigner (notions de base
en psychologie, sociologie, histoire, philosophie, économie, droit, etc.).
Le système LMD, en regroupant les formations en grands domaines de
disciplines, facilite l’orientation progressive de l’étudiant. Les
universités cherchent également à donner aux étudiants de licence des
compétences transversales, langue vivante étrangère, informatique,
méthodologie, et, selon des modalités variées, des capacités d’expression
et une culture générale. Dans cette logique, la possibilité est offerte
aux futurs enseignants de suivre un parcours linguistique en langue
vivante tout au long de leur formation universitaire. Il en va de même du
certificat informatique et internet (C2i) de niveau 1 qui doit trouver sa
place dans le cursus licence. Des parcours “métiers de l’enseignement”
faisant une place à des notions de base nécessaires à tout futur
professeur devront être proposés. L’intégration des IUFM dans les
universités favorise la généralisation de ces évolutions. Par ailleurs,
l’Observatoire des parcours des étudiants et de leur insertion
professionnelle prochainement créé dans chaque université, comme suite à
la recommandation de la commission du débat national université-emploi,
permet la diffusion de cette culture fondamentale nécessaire à tous les
étudiants se destinant à l’enseignement primaire ou secondaire et favorise
la consolidation de leur choix professionnel. Au cours de son cursus
de licence et de la période de préparation au concours, l’étudiant qui
envisage de devenir enseignant doit également effectuer un ou des stages
d’observation pour découvrir l’école, dans sa diversité et dans sa réalité
d’aujourd’hui afin de confirmer son choix professionnel. L’organisation de
ces stages fera l’objet d’ateliers de préparation et de suivi à
l’université. Ces stages d’observation deviendront obligatoires, dans des
conditions prévues par voie réglementaire, pour l’inscription aux concours
de recrutement. Il est nécessaire que les étudiants qui se destinent
au professorat de langues vivantes étrangères effectuent un séjour d’au
moins quatre semaines dans un des pays où la langue correspondant à leur
projet est en usage courant, selon des modalités à définir en accord avec
l’université. Enfin, l’étudiant qui se destine au métier de professeur
a besoin de comprendre le monde du travail, et notamment l’entreprise vers
laquelle s’orientera la majorité des élèves. Il est donc nécessaire qu’à
ce stade de sa formation il effectue un stage en entreprise.
Des concours de recrutement
garantissant les bases sur lesquelles peut se construire la formation
professionnelle Les concours de
recrutement, organisés sur la base de programmes nationaux, ont pour
finalité essentielle de garantir un bon niveau dans les disciplines que le
candidat se destine à enseigner, ainsi que des dispositions indispensables
à l’exercice du métier de professeur dans les écoles, les collèges et les
lycées. La préparation aux concours contribue à l’approfondissement et
à l’élargissement de la culture disciplinaire des candidats. Au cours
des épreuves d’admissibilité et d’admission, une attention particulière
sera portée à la maîtrise de la langue française (précision du vocabulaire
et de l’orthographe, correction grammaticale) ainsi qu’à la qualité de
l’expression orale et écrite des candidats. Une formation professionnelle fondée sur le principe
de l’entrée progressive dans le métier et de l’accompagnement dans le
premier emploi La formation du
professeur stagiaire et les deux premières années d’exercice devront
s’effectuer dans la même académie afin d’assurer cohérence et continuité.
La formation du professeur stagiaire lui permet d’acquérir une
maîtrise suffisante des dix compétences définies ci-après. Elle doit
comporter une formation à la communication et à la capacité à s’exprimer
en public. Cependant, l’accompagnement des nouveaux titulaires
constitue un volet désormais indispensable de la formation professionnelle
initiale, quel que soit le lieu d’exercice. Chaque professeur
nouvellement titularisé bénéficie durant sa première année d’exercice de
l’accompagnement pédagogique d’un professeur référent. Il dispose en
outre d’un véritable droit de formation initiale différée : les quatre
semaines de formation au cours de cette première année en pleine
responsabilité, ainsi que les deux semaines de formation continue au cours
de l’année suivante, permettent d’organiser des formations nécessaires à
une bonne formation professionnelle, notamment des stages, mais dont
l’organisation est souvent prématurée au début de la formation
professionnelle : - connaissance du système éducatif français. Pour
une appréciation satisfaisante de la continuité des apprentissages, comme
pour l’orientation des élèves, il est nécessaire que les professeurs des
écoles connaissent le collège, que les professeurs en collège connaissent
l’école et le lycée, que les professeurs en lycée connaissent le collège,
les cycles postbaccalauréat, que tous les professeurs connaissent les
formations en alternance ; - formation et stage d’initiation à la
prise en charge du handicap complétant les premiers acquis dispensés aux
professeurs stagiaires. Pour prendre en charge un élève en situation de
handicap, mais aussi afin de mieux connaître les partenaires, les réseaux,
les dispositifs et les ressources existants, une formation spécifique est
nécessaire. 2.3 Une formation ouverte
sur l’environnement économique et sur la société française
Connaître le monde du travail
L’ouverture vers le monde professionnel
est une exigence : tout enseignant, quelle que soit sa spécialité, est
concerné par l’avenir professionnel de ses élèves. Afin d’assurer sa
mission d’orientation, il doit avoir une connaissance de la réalité
économique, du marché de l’emploi et de la diversité des métiers. Une
initiation conduite en IUFM (bases du fonctionnement des entreprises,
rencontres avec des acteurs économiques...) complétera l’expérience en
entreprise du futur professeur. Un stage en entreprise d’au moins trois
semaines, éventuellement une expérience directe du travail en entreprise,
deviendra obligatoire pour obtenir la titularisation selon des modalités à
établir. Coopérer avec les parents
et découvrir les partenaires de l’école pour travailler ensemble
Les professeurs stagiaires et les
nouveaux titulaires doivent apprendre à coopérer avec les parents. Ils
doivent connaître le monde associatif : les associations représentatives
de parents d’élèves, les associations périscolaires (soutien scolaire,
associations culturelles et sportives...) et les associations agréées
complémentaires de l’enseignement public. Les professeurs stagiaires
d’éducation physique et sportive bénéficient d’une formation au
fonctionnement des associations sportives, aux responsabilités liées aux
activités du sport scolaire et à l’organisation des sorties et
compétitions sportives. Tous les professeurs stagiaires susceptibles
d’enseigner des disciplines artistiques pourront bénéficier d’une
formation au partenariat avec les professionnels et les établissements
relevant du ministère chargé de la culture et les collectivités
territoriales. Les professeurs stagiaires et nouvellement titularisés
apprennent aussi à travailler avec les services sociaux, médicaux
(orthophonistes, psychologues...), les collectivités territoriales et les
services de l’État partenaires. Avoir une pratique effective des métiers pour les
professeurs de la voie professionnelle et de la voie technologique
Outre un bon niveau de connaissances
théoriques, les professeurs chargés des disciplines technologiques et
professionnelles doivent parfaitement connaître les métiers auxquels ils
forment les élèves. Bien que la diversité des filières ne permette pas
d’en faire une règle, il est souhaitable qu’une telle expérience
professionnelle initiale ait été acquise avant le concours (stage long de
trois mois minimum). Si tel n’est pas le cas, comme le prévoit l’article
3, des stages en entreprise au cours desquels le professeur sera en
situation d’exercice de ces métiers seront organisés : les IUFM adaptent
les durées de ce stage aux situations personnelles. Un stage en
entreprise doit être organisé pendant la formation en IUFM pour tous les
professeurs des lycées professionnels, notamment ceux des disciplines
d’enseignement général, quel que soit leur parcours antérieur : ce stage
est axé sur les relations entre l’école et l’entreprise (suivi des élèves,
relations avec les tuteurs d’entre prise...) et devrait leur permettre de
concevoir des outils pédagogiques appropriés. Comprendre la diversité culturelle de la France
d’aujourd’hui pour contribuer à la construction d’une culture commune à
tous les élèves L’école est le lieu de
la formation du citoyen et donc de la construction d’une culture commune
pour vivre ensemble. Cette culture repose sur le partage des valeurs
républicaines communes. Elle suppose des savoirs scientifiquement établis,
elle repose aussi sur la prise en compte des diversités culturelles et
religieuses de la France d’aujourd’hui. Les savoirs concernant le fait
religieux - histoire, œuvres, patrimoine, compréhension du monde actuel...
- sont enseignés dans le cadre des différentes disciplines, mais il est
indispensable que tous les professeurs bénéficient d’une formation
solidement ancrée dans un apprentissage de la pratique de la
laïcité. 2.4 Un dispositif de
formation professionnelle articulé à la recherche universitaire et
garantissant la qualité des formateurs
La transmission des pratiques qui
réussissent par des collègues plus expérimentés constitue une dimension
fondamentale de la formation professionnelle. Cependant l’expérience du
terrain ne suffit pas pour apprendre le métier de professeur. En formation
professionnelle initiale, les maîtres doivent être initiés à la recherche
scientifique, à ses résultats et à ses applications dans l’enseignement.
Les pratiques didactiques et pédagogiques doivent se nourrir de
l’évolution des connaissances. 2.5
Une évaluation et une titularisation garantissant la maîtrise de toutes
les compétences professionnelles par les professeurs stagiaires
L’évaluation des compétences
professionnelles ne peut se faire qu’en situation réelle d’enseignement
Tous les formateurs sont appelés à
prendre part à l’évaluation des compétences professionnelles des
stagiaires organisée par l’IUFM. Les formateurs de terrain, les
instituteurs- professeurs des écoles maîtres formateurs, les professeurs
tuteurs, sont les mieux à même d’apprécier les progrès des professeurs
stagiaires : ils contribuent à l’évaluation de leurs compétences avec les
formateurs d’IUFM. Les chefs d’établissement qui accueillent des
professeurs stagiaires prennent part à cette évaluation. Pour
l’évaluation des unités de formation dispensées à l’IUFM, on s’attache en
particulier à l’acquisition des connaissances qui sont à la base des
compétences professionnelles. Un dossier de compétences accompagne le
professeur-stagiaire, puis le professeur titulaire durant ses deux
premières années d’exercice. Par
l’examen de qualification professionnelle, l’État-employeur vérifie que
toutes les compétences requises sont maîtrisées À l’issue d’une année de stage, il serait vain d’exiger
une maîtrise approfondie de chacune des compétences énumérées à l’article
6 de l’arrêté et définies ci-après. L’examen de qualification
professionnelle vérifie donc que toutes les compétences exigées des
enseignants stagiaires sont maîtrisées à un niveau satisfaisant ; il
certifie, avant la titularisation, l’aptitude au métier de professeur.
Le jury de l’examen de qualification professionnelle est présidé par
un représentant de l’État-employeur et comprend notamment des inspecteurs
territoriaux (inspecteurs de l’éducation nationale et inspecteurs
d’académie- inspecteurs pédagogiques régionaux) et des conseillers
pédagogiques ; il est majoritairement composé de cadres éducatifs,
d’universitaires et de professeurs et de formateurs n’ayant pas participé
à la formation et à l’évaluation des professeurs stagiaires. Le jury
de qualification professionnelle se prononce sur la base du dossier de
compétences du professeur stagiaire et après un entretien personnel avec
chaque professeur stagiaire. 2.6 Une
formation universitaire des maîtres évaluée
L’évaluation périodique de la
qualité des systèmes d’enseignement supérieur joue une fonction
régulatrice désormais centrale : la manière dont les universités prendront
leurs responsabilités pour une mise en oeuvre efficace du cahier des
charges avec l’intégration des IUFM sera évaluée dans cette perspective.
C’est ce que prévoit l’application combinée de la loi d’orientation et
de programme pour l’avenir de l’école et de la loi de programme pour la
recherche avec l’instauration de l’Agence de l’évaluation de la recherche
et de l’enseignement supérieur (AERES). Cependant, cette “évaluation
des modalités et des résultats de l’intégration des IUFM au sein de
l’université, notamment au regard des objectifs qui leur sont fixés” (art.
L. 721-1 du code de l’éducation), revêt un caractère stratégique et
global. C’est pourquoi elle doit être complétée par une évaluation
périodique des plans de formation dans le cadre de la politique
contractuelle. À cette fin, sur le modèle de la commission des titres
d’ingénieurs, sera instituée une Commission nationale d’évaluation de la
formation des maîtres qui comprendra notamment des représentants de
l’État-employeur (recteurs, inspecteur d’académie, directeur des services
départementaux de l’éducation nationale, corps d’inspections territoriaux,
chefs d’établissement), des inspecteurs généraux, des universitaires ainsi
que des personnalités qualifiées (y compris étrangères). La Commission
nationale d’évaluation de la formation des maîtres expertisera les plans
de formation élaborés par l’université au regard des exigences du présent
cahier des charges. Elle sera attentive à l’offre de formation et à sa
cohérence avec les nécessités de sa mise en oeuvre. Elle formulera un avis
et des recommandations destinés aux universités, au ministre chargé de
l’éducation nationale ainsi qu’au ministre chargé de l’enseignement
supérieur. La Commission nationale d’évaluation de la formation des
maîtres évaluera la qualité des formations dispensées dans chaque IUFM sur
la base d’indicateurs qu’elle aura définis. La qualité des partenariats
entre l’université ayant intégré l’IUFM et les autres universités de
l’académie, ainsi que du partenariat entre l’université intégrante et
l’académie, sera évaluée dans ce cadre.
3 - LES COMPÉTENCES
PROFESSIONNELLES DES MAÎTRES
Les professeurs des écoles et les
professeurs des collèges et des lycées sont tous des professeurs. Cette
unité du métier, au-delà des particularités propres à chaque niveau
d’enseignement, justifie un seul référentiel de compétences pour tout type
d’enseignant. Pour tout maître, l’objectif ultime d’une formation
réussie est de se trouver en mesure d’exercer son métier, fort des
connaissances acquises et des capacités à les mettre en oeuvre et fort de
ces dispositions d’esprit qui construisent le respect des élèves et
permettent d’exercer pleinement son autorité de professeur. La
formation des maîtres s’organise autour d’une fonction dans l’institution
: on sera professeur des écoles, professeur de lycée ou de collège,
professeur de lycée professionnel. Elle s’organise aussi autour de la
polyvalence pour les professeurs des écoles ou d’un champ disciplinaire
pour les autres professeurs : cela vaut pour les professeurs bivalents
comme pour les professeurs spécialistes d’une seule discipline. Dix
compétences professionnelles doivent être prises en compte dans la
formation de tous les maîtres. Chacune met en jeu des connaissances, des
capacités à les mettre en œuvre et des attitudes professionnelles
fondamentales. Elles sont toutes également indispensables.
Agir en fonctionnaire de l’État et
de façon éthique et responsable Tout
professeur contribue à la formation sociale et civique des élèves. En tant
qu’agent de l’État, il fait preuve de conscience professionnelle et suit
des principes déontologiques : il respecte et fait respecter la personne
de chaque élève, il est attentif au projet de chacun ; il respecte et fait
respecter la liberté d’opinion ; il est attentif à développer une attitude
d’objectivité ; il connaît et fait respecter les principes de la laïcité,
notamment la neutralité ; il veille à la confidentialité de certaines
informations concernant les élèves et leurs familles. Il exerce sa
liberté et sa responsabilité pédagogique dans le cadre des obligations
réglementaires et des textes officiels ; il connaît les droits des
fonctionnaires et en respecte les devoirs. L’éthique et la
responsabilité du professeur fondent son exemplarité et son autorité dans
la classe et dans l’établissement. Connaissances Le
professeur connaît : - les valeurs de la République et les textes qui
les fondent : liberté, égalité, fraternité ; laïcité ; refus de toutes les
discriminations ; mixité ; égalité entre les hommes et les femmes ; -
les institutions (État et collectivités territo riales) qui définissent et
mettent en œuvre la politique éducative de la nation ; - les
mécanismes économiques et les règles qui organisent le monde du travail et
de l’entreprise ; - la politique éducative de la France, les grands
traits de son histoire et ses enjeux actuels (stratégiques, politiques,
économiques, sociaux) en comparaison avec d’autres pays européens ; -
les grands principes du droit de la fonction publique et le code de
l’éducation : les lois et textes réglementaires en relation avec la
profession exercée, les textes relatifs à la sécurité des élèves
(obligations de surveillance par exemple) et à la sûreté (obligation de
signalement par exemple) ; - le système éducatif, ses acteurs et les
dispo sitifs spécifiques (éducation prioritaire, etc.) ; - la
convention internationale des droits de l’enfant ; - ses droits et
recours face à une situation de menace ou de violence ; -
l’organisation administrative et budgétaire des écoles et des
établissements publics locaux d’enseignement ; - les règles de
fonctionnement de l’école ou de l’établissement (règlement intérieur,
aspects budgétaires et juridiques) ; - les caractéristiques et les
indicateurs de l’école ou de l’établissement d’exercice ; - le projet
de l’école ou de l’établissement d’exercice ; - le rôle des différents
conseils (conseil d’école, conseil des maîtres, conseil de cycle, d’une
part, conseil d’administration, conseil pédagogique, conseil de classe,
conseil de discipline, d’autre part). Capacités Le
professeur est capable : - d’utiliser ses connaissances sur
l’évolution et le fonctionnement du service public d’éducation nationale
pour recourir aux ressources offertes ; - de se situer dans la
hiérarchie de l’institution scolaire ; - de participer à la vie de
l’école ou de l’établissement ; - de repérer les signes traduisant des
difficultés spécifiques des élèves dans le domaine de la santé, des
comportements à risques, de la grande pauvreté ou de la maltraitance ;
- de contribuer, en coopérant avec des partenaires internes ou
externes à l’institution, à la résolution des difficultés spécifiques des
élèves ; - de se faire respecter et d’utiliser la sanction avec
discernement et dans le respect du droit. Attitudes Agir de
façon éthique et responsable conduit le professeur : - à faire
comprendre et partager les valeurs de la République ; - à intégrer,
dans l’exercice de sa fonction, ses connaissances sur les institutions,
sur l’État (son organisation et son budget), sur ses devoirs de
fonctionnaire ; - à respecter dans sa pratique quotidienne les règles
de déontologie liées à l’exercice du métier de professeur dans le cadre du
service public d’éducation nationale ; - à respecter les élèves et
leurs parents ; - à respecter et faire respecter le règlement
intérieur, les chartes d’usage des ressources et des espaces communs ;
- à collaborer à la réalisation d’actions de partenariat engagées
entre l’établissement et son environnement économique, social et culturel
; - à prendre en compte la dimension civique de son enseignement.
Maîtriser la langue française pour
enseigner et communiquer Dans son usage
de la langue française, tant à l’écrit qu’à l’oral, le professeur doit
être exemplaire quelle que soit sa discipline. Il est attentif à la
qualité de la langue chez ses élèves. Qu’il présente des connaissances,
fournisse des explications ou donne du travail, il s’exprime avec clarté
et précision, en tenant compte du niveau de ses élèves. Il sait décrire et
expliquer simplement son enseignement à la diversité de ses
interlocuteurs, en particulier les parents. Connaissances Tout
professeur possède les connaissances attendues d’un diplômé de
l’enseignement supérieur, dans la maîtrise de la langue écrite et orale
(vocabulaire, grammaire, conjugaison, ponctuation, orthographe). Le
professeur des écoles connaît en outre : - les mécanismes
d’apprentissage du langage en maternelle et le développement des capacités
d’expression orale tout au long de la scolarité primaire ; - les
mécanismes d’apprentissage de la lecture et ses obstacles ; - les
méthodes d’enseignement de la lecture et de l’écriture ; - les règles
fondamentales de l’orthographe et de la grammaire. Capacités Le
professeur est capable : - de repérer les obstacles à la lecture, les
déficiences du langage oral et écrit en identifiant les difficultés que
peuvent rencontrer les élèves ; - de construire des séquences
d’enseignement qui visent des objectifs de développement de l’expression
orale et écrite des élèves ; - de communiquer avec clarté et précision
et dans un langage adapté à l’écrit comme à l’oral : - avec les
élèves, au cours des apprentissages (transmission des connaissances,
organisation du travail en classe et du travail personnel à fournir...) ;
- avec les parents, au cours des échanges personnalisés ou collectifs.
Attitudes Le souci d’amener les élèves à maîtriser la langue
conduit le professeur : - à intégrer dans les différentes situations
professionnelles l’objectif de maîtrise de la langue orale et écrite par
les élèves ; - à veiller dans toutes les situations d’enseignement ou
éducatives au niveau de langue des élèves, à l’écrit et à l’oral.
Maîtriser les disciplines et avoir
une bonne culture générale Une bonne
maîtrise des savoirs enseignés est la condition nécessaire de
l’enseignement. Le professeur a une connaissance approfondie et
élargie de sa ou de ses disciplines et une maîtrise des questions
inscrites aux programmes. Il connaît les composantes du socle commun de
connaissances et de compétences, les repères annuels de sa mise en oeuvre,
ses paliers et ses modalités d’évaluation. Il aide les élèves à acquérir
les compétences exigées en veillant à la cohérence de son projet avec
celui que portent les autres enseignements. Il possède aussi une
solide culture générale qui lui permet de contribuer à la construction
d’une culture commune des élèves. Il pratique au moins une langue vivante
étrangère. Connaissances
Le professeur des écoles connaît : -
les objectifs de l’école primaire et du collège ; - les concepts et
notions, les démarches et les méthodes dans chacun des champs
disciplinaires enseignés à l’école primaire. Le professeur des lycées
et collèges : - connaît les objectifs de l’école primaire, du collège
et du lycée ; - maîtrise l’ensemble des connaissances dans sa ou ses
disciplines et élargit sa culture aux disciplines connexes ; - situe
sa ou ses disciplines, à travers son histoire, ses enjeux
épistémologiques, ses problèmes didactiques et les débats qui la
traversent. Capacités
Le professeur des écoles est capable :
- d’organiser les divers enseignements en les articulant entre eux
dans le cadre de la polyvalence ; - de profiter de la polyvalence pour
construire les apprentissages fondamentaux ; - d’insérer dans les
apprentissages les exercices spécifiques et systématiques pour développer
les automatismes (lecture, écriture, calcul, grammaire, orthographe,
éducation physique, etc.). Le professeur du second degré est capable
d’organiser l’enseignement de sa discipline en cohérence avec les autres
enseignements. Attitudes
La maîtrise scientifique et
disciplinaire du professeur le conduit à : - une attitude de rigueur
scientifique ; - à participer à la construction d’une culture commune
des élèves. Concevoir et mettre en
oeuvre son enseignement Le professeur
est un spécialiste de l’enseignement de sa ou de ses disciplines,
c’est-à-dire qu’il est capable d’assurer, sur la durée d’une année
scolaire, l’apprentissage effectif de ses élèves dans le cadre d’un
enseignement collectif. Pour cela, il maîtrise la didactique de sa ou de
ses disciplines, et il est capable de mettre en oeuvre des approches
pluridisciplinaires ; il connaît les processus d’apprentissage et les
obstacles que peuvent rencontrer les élèves et la manière d’y remédier ;
il est capable d’élaborer des programmations et de répartir les
apprentissages dans le temps. Il sait prendre en compte ce qui a été
réalisé précédemment. Le professeur peut être appelé à participer aux
actions de formation continue des adultes et aux formations par
apprentissage et être formé en conséquence. Connaissances Le
professeur connaît : - les objectifs à atteindre pour un niveau donné,
dans le cadre de son enseignement ou de son domaine d’activité ; - les
programmes d’enseignement et documents d’accompagnement qui le concernent
à tous les niveaux d’enseignement des premier et second degrés ; - les
fondements de la psychologie de l’enfant, de l’adolescent et du jeune
adulte, les processus d’apprentissage des élèves et les obstacles
possibles à ces processus ; - les différents supports et les outils
(tableau, manuels, documents...) nécessaires à la conception et à la mise
en oeuvre des apprentissages. Capacités Le
professeur est capable : - de définir des objectifs d’apprentissage à
partir des références des textes officiels ; - de raisonner en termes
de compétences, c’est-à-dire déterminer les étapes nécessaires à
l’acquisition progressive des connaissances, des capacités et des
attitudes prescrites à partir des acquis et des besoins identifiés en
mettant en œuvre : - une progression et une programmation sur l’année
et sur le cycle ; - une progression différenciée selon les niveaux des
élèves ; - de s’appuyer sur ses connaissances des processus
d’apprentissage des élèves et de la psychologie de l’enfant, de
l’adolescent et du jeune adulte ; - de prendre en compte les résultats
des évaluations dans la construction d’une progression pédagogique ; -
d’intégrer dans son enseignement la prévention des risques professionnels.
Attitudes Le professeur est conduit : - à développer des
approches pluridisciplinaires et transversales fondées sur les
convergences et les complémentarités entre les disciplines : - il
construit des activités permettant d’acquérir la même compétence par le
biais de plusieurs disciplines ; - il met sa discipline au service de
projets ou dispositifs pluridisciplinaires ; - à apprécier la qualité
des documents pédagogiques (manuels scolaires et livres du professeur
associés, ressources documentaires, logiciels d’enseignement...).
Organiser le travail de la classe
Le professeur sait faire progresser une
classe aussi bien dans la maîtrise des connaissances, des capacités et des
attitudes que dans le respect des règles de la vie en société ; ses
exigences portent sur les comportements et il fait en sorte que les élèves
attachent de la valeur au travail personnel et collectif. Connaissances Le
professeur maîtrise des connaissances relatives à la gestion des groupes
et des conflits. Capacités
Le professeur est capable : - de
prendre en charge un groupe ou une classe, de faire face aux conflits, de
développer la participation et la coopération entre élèves ; -
d’organiser l’espace de la classe et le temps scolaire en fonction des
activités prévues ; - d’organiser les différents moments d’une
séquence ; - d’adapter les formes d’interventions et de communication
aux types de situations et d’activités prévues (postures, place,
interventions, vérification des consignes, etc.). Attitudes Dans
toute situation d’enseignement, le professeur veille à instaurer un cadre
de travail permettant l’exercice serein des activités. Prendre en compte la diversité des élèves
Le professeur met en oeuvre les valeurs
de la mixité, qu’il s’agisse du respect mutuel ou de l’égalité entre tous
les élèves. Il sait différencier son enseignement en fonction des
besoins et des facultés des élèves, afin que chaque élève progresse. Il
prend en compte les différents rythmes d’apprentissage, accompagne chaque
élève, y compris les élèves à besoins particuliers. Il sait faire appel
aux partenaires de l’école en tant que de besoin. Il connaît les
mécanismes de l’apprentissage dont la connaissance a été récemment
renouvelée, notamment par les apports de la psychologie cognitive. Il
amène chaque élève à porter un regard positif sur l’autre et sur les
différences dans le respect des valeurs et des règles communes
républicaines. Connaissances
Le professeur connaît : - les
éléments de sociologie et de psychologie lui permettant de tenir compte,
dans le cadre de son enseignement, de la diversité des élèves et de leurs
cultures ; - les dispositifs éducatifs de la prise en charge de la
difficulté scolaire et des élèves en situation de handicap.
Capacités Le professeur est capable : - de prendre en compte
les rythmes d’apprentissage des élèves ; - de déterminer, à partir des
besoins identifiés, les étapes nécessaires à l’acquisition progressive des
savoirs et des savoir-faire prescrits ; - de mettre en oeuvre des
dispositifs pédagogiques visant à adapter la progression à la diversité
des élèves (pédagogie différenciée, programme personnalisé de réussite
éducative) ; - de participer à la conception d’un projet individualisé
de scolarisation pour les élèves à besoins particuliers et les élèves
handicapés. Attitudes
Le professeur veille : - à préserver
l’égalité et l’équité entre élèves ; - à ce que chaque élève porte un
regard positif sur lui-même et sur l’autre. Évaluer les élèves Le professeur sait évaluer la progression des
apprentissages et le degré d’acquisition des compétences atteint par les
élèves. Il utilise le résultat des évaluations pour adapter son
enseignement aux progrès des élèves. Il fait comprendre aux élèves les
principes d’évaluation et développe leurs capacités à évaluer leurs
propres productions. Il communique et explique aux parents les résultats
attendus et les résultats obtenus. Connaissances Le
professeur connaît les différentes évaluations qu’il peut être amené à
pratiquer (diagnostique, formative, sommative, certificative).
Capacités Le professeur est capable : - de comprendre les
fonctions de l’évaluation ; - de concevoir des évaluations aux
différents moments de l’apprentissage, c’est-à-dire : - définir le
niveau d’exigence de l’évaluation ; - adapter le support et le
questionnement en référence aux objectifs et au type d’évaluation que l’on
souhaite mener ; - expliciter les consignes, guider les élèves dans la
préparation de l’évaluation ; - expliciter les critères de notation ;
- analyser les résultats constatés et déterminer les causes des
erreurs ; - concevoir des activités de remédiation et de consolidation
des acquis (exercices d’entraî nement, exercices de mémorisation oraux ou
écrits, activités d’aide, de soutien et d’approfondissement, etc.) ; -
de développer les compétences des élèves dans le domaine de
l’autoévaluation ; - de pratiquer l’évaluation certificative (examens,
contrôle en cours de formation, compétences linguistiques incluses dans le
cadre européen commun de référence pour les langues...). Attitudes Le
professeur pratique l’évaluation dans le cadre d’une relation claire et de
confiance et pour cela : - il mesure ses appréciations ; - il
valorise l’exercice et le travail personnel des élèves ; - il veille à
ce que chaque élève soit conscient de ses progrès, du travail et des
efforts qu’il doit produire. Maîtriser les technologies de l’information et de la
communication Tout professeur est
concerné par l’usage des outils propres à ces technologies et leur
intégration dans les pratiques pédagogiques. Au sortir de sa formation
professionnelle il doit avoir les compétences d’usage et de maîtrise
raisonnée des technologies de l’information et de la communication dans sa
pratique professionnelle. Les connaissances et les capacités attendues
sont celles du certificat informatique et internet de niveau 2
“enseignant”, requis en fin de formation professionnelle. Il est intégré
au dossier de compétences du professeur stagiaire. Connaissances Le
professeur maîtrise : - les connaissances explicitées dans le
référentiel du C2I de niveau 2 “enseignant” ; - les droits et devoirs
liés aux usages des TIC. Capacités
Le professeur est capable de : -
concevoir, préparer et mettre en oeuvre des contenus d’enseignement et des
situations d’apprentissage ; - participer à l’éducation aux droits et
devoirs liés aux usages des technologies de l’information et de la
communication ; - s’impliquer dans l’éducation aux risques encourus
dans l’utilisation des réseaux numériques ouverts sur l’internet ; -
utiliser les TIC et les outils de formation ouverte et à distance pour
actualiser ses connaissances ; - travailler en réseau avec les outils
du travail collaboratif. Attitudes
Le professeur observe une attitude :
- critique vis-à-vis de l’information disponible ; - réfléchie et
responsable dans l’utilisation des outils interactifs exigée des élèves.
Il actualise ses connaissances et compétences au cours de son exercice
professionnel. Travailler en équipe
et coopérer avec les parents et les partenaires de l’école
Le professeur participe à la vie de
l’école ou de l’établissement. Il contribue également à la vie de
l’institution scolaire à l’échelle de la circonscription du premier degré,
du département, de l’académie ou même à celle du territoire national en
participant à la formation initiale et continue des professeurs. Il
travaille avec les équipes éducatives de l’école et de ses classes ainsi
qu’avec des enseignants de sa ou de ses disciplines. Le conseil des
maîtres à l’école, le conseil pédagogique au collège ou au lycée
constituent des instruments privilégiés du travail en équipe. Le
professeur coopère avec les parents et les partenaires de l’école. Il
aide l’élève à construire son projet d’orientation. Connaissances Le
professeur connaît : - le rôle et la fonction des associations de
parents d’élèves ; - les partenaires et les interlocuteurs extérieurs
à l’école avec lesquels il est amené à travailler ; - pour ce qui le
concerne, les conventions et protocoles liant le ministère de l’éducation
nationale à d’autres ministères ou organismes ; - les dispositifs
d’aide à l’insertion des élèves ; - les procédures d’orientation et
les différentes voies dans lesquelles les élèves peuvent s’engager.
Capacités Le professeur est capable : - d’inscrire sa pratique
professionnelle dans l’action collective de l’école ou de l’établissement,
notamment : - dans le domaine de la programmation des enseignements ;
- dans le domaine de l’évaluation (supports et échelles d’évaluation
harmonisés, livrets scolaires, bulletins trimestriels...) ; - dans le
domaine de l’orientation ; - dans le domaine de l’aide et de
l’insertion des élèves, en collaboration avec les autres personnels
(professeurs principaux, conseillers principaux d’éducation, enseignants
du réseau d’aide spécialisée aux élèves en difficulté (RASED), personnels
d’orientation et du secteur médico-social...) ; - dans le domaine de
l’éducation artistique et culturelle par la connaissance des principaux
partenaires (professionnels et établissements relevant du ministère chargé
de la culture, collectivités territoriales, associations) ; - dans le
domaine des partenariats éducatifs avec les services de l’État (culture,
emploi, justice, police, environnement et développement durable,
défense...) ; - de communiquer avec les parents : - en contribuant
à l’établissement d’un dialogue constructif dans le but de les informer
sur les objectifs de son enseignement ou de son acti vité, de rendre
compte des évaluations dans un langage adapté, d’examiner les résultats,
les aptitudes de leurs enfants, les difficultés constatées et les
possibilités d’y remédier ; - en mobilisant ses connaissances dans le
domaine de l’orientation pour aider l’élève et ses parents dans
l’élaboration d’un projet professionnel ; - de contribuer, en
coopérant avec des partenaires internes ou externes à l’institution, à la
résolution des difficultés spécifiques des élèves dans le domaine de la
santé, des comportements à risques et de la grande pauvreté ou de la
maltraitance ; - d’utiliser les possibilités offertes par les services
éducatifs installés auprès des musées et autres institutions culturelles,
notamment dans le cadre de l’éducation artistique et culturelle ; - de
favoriser l’engagement des parents dans la vie de l’établissement comme
dans la valorisation des savoirs ; - de s’impliquer dans des tâches de
formation. Attitudes
Le professeur observe, dans l’exercice
de son activité professionnelle, une attitude favorisant le travail
collectif, le dialogue avec les parents et la dimension partenariale.
Se former et innover
Le professeur met à jour ses
connaissances disciplinaires, didactiques et pédagogiques, il sait faire
appel à ceux qui sont susceptibles de lui apporter aide ou conseil dans
l’exercice de son métier. Il est capable de faire une analyse critique
de son travail et de modifier, le cas échéant, ses pratiques
d’enseignement. Connaissances
Le professeur connaît l’état de la
recherche : - dans sa discipline ; - dans le domaine de la
didactique, de la pédagogie et de la transmission de savoirs (processus
d’apprentissage, didactique des disciplines, utilisation des technologie
de l’information et de la communication...). Le professeur connaît la
politique éducative de la France. Capacités Le
professeur est capable de tirer parti des apports de la recherche et des
innovations pédagogiques pour actualiser ses connaissances et les
exploiter dans sa pratique quotidienne. Attitudes Le
professeur fait preuve de curiosité intellectuelle et sait remettre son
enseignement et ses méthodes en question. Il s’inscrit dans une
logique de formation professionnelle tout au long de la vie.
4 - LES MISSIONS DE L’ÉCOLE, DU
COLLÈGE OU DU LYCÉE D’ACCUEIL DES PROFESSEURS STAGIAIRES ET NOUVEAUX
TITULAIRES
Le réseau des écoles, des
collèges et des lycées accueillant des stagiaires ainsi que les moda lités
de l’accueil des stagiaires (en particulier l’articulation des différents
stages) sont établis par le recteur et l’inspecteur d’académie, directeur
des services départementaux de l’éducation nationale, en partenariat avec
l’université et l’institut universitaire de formation des maîtres intégré.
Ce réseau d’établissements (écoles, collèges et lycées) permet de
ménager l’articulation entre la formation initiale et l’exercice de la
pleine responsabilité du professeur ; il repose sur le projet des
établissements en lien avec la politique éducative nationale et sa
déclinaison académique. Les écoles et les établissements qui
accueillent des professeurs nouveaux titulaires organisent leur
accompagnement pédagogique. 4.1 Les
écoles et les établissements d’accueil de professeurs stagiaires ou
nouveaux titulaires ont une mission de formation
Il s’agit de créer un
environnement qui soutienne le professeur stagiaire ou nouveau titulaire
dans sa prise de fonction et facilite la mise en œuvre de ses compétences
disciplinaires, didactiques et pédagogiques dans toutes leurs dimensions.
Il s’agit également de former chaque professeur stagiaire à sa mission
de fonctionnaire de l’État en l’aidant à prendre conscience de son rôle
d’adulte référent auprès des élèves et des dimensions déontologiques du
métier qu’il a choisi. Les écoles et les établissements d’accueil de
professeurs stagiaires ou nouveaux titulaires doivent veiller à : -
entreprendre une démarche de formation en partenariat avec l’université et
l’institut universitaire de formation des maîtres intégré ; - fournir
au professeur les réponses aux questions professionnelles qu’il pose et
dispenser l’information attendue au regard des objectifs assignés aux
stages ; - favoriser l’implication du professeur dans les travaux
d’équipe et les concertations pédagogiques, les rencontres avec les
parents et les divers partenaires. 4.2 Les stagiaires et les professeurs nouveaux
titulaires doivent être accueillis et accompagnés
Les professeurs stagiaires ainsi
que les professeurs nouveaux titulaires doivent être accueillis et
accompagnés : l’organisation, le déroulement et l’évaluation des
dispositifs de stage feront l’objet d’une attention particulière. La
réflexion menée au sein de l’établissement ou de l’école sur les activités
qui leur sont proposées est partie intégrante de cet accueil et de cet
accompagnement. Cela nécessite l’implication de tous les acteurs
(directeur d’école, chef d’établissement, instituteurs-professeurs des
écoles maîtres formateurs, professeurs tuteurs ou référents, maîtres
d’accueil temporaire, formateurs, professeurs et stagiaires) : chacun,
selon son champ de compétence, y prend sa part. Les professeurs stagiaires Pour ce qui concerne le stage en responsabilité, il
faudra veiller : - au choix des classes, niveaux, cycles
d’enseignement, disciplines et organisation de l’emploi du temps créant
des conditions favorables à l’entrée dans le métier et la construction des
compétences professionnelles. Dans les établissements du second degré,
cette responsabilité incombe aux chefs d’établissement en relation avec
les corps d’inspection ; - à la programmation d’activités effectuées
par les stagiaires sous la responsabilité du chef d’établissement ou du
directeur d’école, reposant sur les temps forts de l’année scolaire :
accueil des élèves et des parents, participation aux divers conseils de
l’établissement ou de l’école, préparation de l’orientation pour le second
degré. Pour le stage en responsabilité ainsi que pour tous les autres
stages un compte rendu de stage destiné au professeur stagiaire lui
permettant de prendre conscience des compétences construites et du travail
qui reste à accomplir est rédigé par le professeur tuteur ou
l’instituteur-professeur maître formateur en collaboration avec le
directeur d’école ou du chef d’établissement. Ce compte rendu prend place
dans le dossier de compétences. Dans l’école ou dans l’établissement
(ou à défaut, à proximité immédiate), des professeurs référents ou des
professeurs tuteurs, reconnus pour leurs compétences, seront désignés
respectivement, sur proposition de l’inspecteur de l’éducation nationale
par l’inspecteur d’académie, directeur des services départementaux de
l’éducation nationale ou, sur proposition de l’inspecteur de l’éducation
nationale ou de l’inspecteur d’académie-inspecteur pédagogique régional
par le recteur. Les professeurs
nouveaux titulaires Les professeurs
nouveaux titulaires sont accompagnés en tant que de besoin. Ils
bénéficient de l’appui d’un professeur référent désigné dans les
conditions définies ci-dessus pour les professeurs stagiaires.
Conclusion
Le nouveau dispositif de
formation des maîtres a un rôle déterminant dans l’évolution de la société
de la connaissance : comme vigie d’abord par le truchement d’une recherche
scientifique -qu’elle soit disciplinaire, didactique ou pédagogique-
toujours attentive aux élèves et maintenant les savoirs aux bons niveaux
de l’indispensable et de l’utile ; comme médiateur ensuite entre une école
assujettie au quotidien et une demande contemporaine d’éducation toujours
évolutive ; comme passeur enfin des exigences du service public
d’éducation nationale qui requiert, en préalable de toute fonction
éducative dans l’institution scolaire, partage des valeurs et éthique
personnelle, pleine conscience des missions fixées par la nation et
appropriation des règles communes. La formation professionnelle que
détermine la mise en oeuvre du cahier des charges de la formation des
maîtres répondra aux demandes souvent exprimées par les jeunes professeurs
: davantage ancrée dans la réalité de la classe et de l’établissement,
elle responsabilisera chacun en respectant la hiérarchie et la chronologie
des besoins individuels. C’est là tout le sens d’un dispositif
associant dans un continuum la formation disciplinaire, la connaissance du
terrain et de l’environnement économique et social, la formation
didactique et pédagogique fondée sur les études de cas tirées de
situations vécues des stagiaires et sur un aller-retour permanent entre la
pratique et la théorie, puis enfin un solide accompagnement des
professeurs titulaires dans le premier emploi. L’organisation de la
formation professionnelle en trois ans, articulant formation initiale et
formation continue, constitue le point de départ indispensable d’une
formation professionnelle tout au long de la vie. C’est dans cette
perspective qu’à court terme la formation continue des professeurs doit
devenir obligatoire. La définition de la formation des maîtres
développée ici ancre ses fondements dans l’histoire de l’école française ;
elle représente cependant, comme ce fut le cas pour le décret définissant
le socle commun de connaissances et de compétences, un pas essentiel vers
une harmonisation européenne des objectifs et des compétences exigées des
maîtres. Une convergence s’opère, quels que soient par ailleurs les
missions que chaque pays assigne à son école, ses traditions éducatives et
son système d’organisation. Il serait donc naturel que tout professeur,
anticipant ainsi sur une possible mobilité professionnelle au sein de
l’Union, puisse bénéficier au cours de sa formation d’un stage de
découverte d’un système éducatif européen. haut de
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